Tiens pour vous changer les idées je vais vous raconter l'histoire de notre précédent akita.
Il est mort à 14 ans.
Il est arrivé chez moi un soir en compagnie d'un dresseur connu. Pendant l'apéritif il est venu s'installer près de moi et a manifesté son intention de rester avec moi. Trois mois plus tard il était là.
Fils de champion, il était beau. Presque rouge, très calme, très énergique, silencieux comme un chat quand il marchait.
Il avait vécu comme un prince puis un jour son propriétaire avait voulu avoir 2 akitas et il avait introduit un chiot. Plusieurs mois plus tard les disputes se produisaient jusqu'au jour où une explication décisive eut lieu.
Cet akita ne laissait rien au hasard et ne cédait jamais. Ce fut terrible m'a raconté le maître plus tard, il en était encore bouleversé.
A la fin ils ont fini par séparer ce qui restait des chiens et après guérison notre akita fut cédé à un dresseur. A l'époque il y avait encore peu d'akitas et de situations comme celle là.
Il en garda toute sa vie une haine féroce des chiots. C'était la seule chose qui le mettait dans un état difficile. C'est son histoire.
Le dresseur lui appris plein de choses, il l'aimait beaucoup. Et un jour donc il vint habiter chez moi.
Moi aussi comme beaucoup j'ai connu des périodes difficiles. Est-ce pour cela qu'il est venu chez moi, tel que je l'ai connu j'aurais pu me poser la question.
Il ne mis pas longtemps à m'expliquer que j'étais la personne la plus importante de sa vie et je n'ai pas tout de suite compris qu'il s'installait et qu'il comptait mettre un peu d'ordre à sa façon.
Le matin je lui tendais le collier et il l'enfilait tout seul. On allait à la porte et ...zut... au moment de sortir j'avait toujours oublié quelque chose. Attends un peu j'arrive. Il soupirait. Patient ?
Un matin on sort en retard et là il démarre en trombe. En bas de chez nous il y avait des platanes. Il a fait toute l'allée en passant un coup à droite un coup à gauche. Je courais tellement vite pour ne pas tomber que j'étais forcée de suivre. J'ai bien compris que le coup du matin en retard c'était fini.
A l'époque j'avais un peu peur des gros chiens et je n'aimais pas qu'il roule des mécaniques dans le quartier. Il ne disait rien. Il s'arrêtait et me regardait en me fixant avec comme un peu de mépris : eh bien si tu as peur tu rentres à la maison moi je reste.
Il a bien fallu faire face aux situations compliquées.
Il était charismatique. Tout le monde s'arrêtait pour lui dire combien il était beau. Il acceptait les compliments et quand c'était fini il repartait. Il avait une préférence pour les japonaises qui lui racontaient quelque chose que je ne comprenais pas. Il s'asseyait pour écouter.
Il avait un caractère bien trempé. Il ne voulait pas qu'on se moque de lui et en imposait. Il surveillait les gens à qui je parlais. Si les personnes ne lui paraissaient pas fiables il se mettait entre nous, tirait sur la laisse et imposait le départ. Comme ça. De son pas tranquille. On s'en va. Subjuguée je suivais. Au revoir au revoir...
Mais il ne supportait pas les gens malheureux. Comment le savait-il ? Mystère. Il allait voir la personne, d'allure misérable ou pas, il mettait sa tête dans la main de la personne et il la regardait. Message d'amour ?
Je ne savais pas faire ça. J'étais surprise. J'avais un peu peur.
Il n'était pas possible de l'en empêcher.
D'ailleurs on ne pouvait pas l'empêcher de grand chose. Heureusement qu'il était conciliant.
Pas sur les sorties toujours. On ne passait jamais deux fois par le même endroit. Si je perdais quelque chose c'était tant pis. Il fallait continuer.
Il était amoureux d'une belle labrador crème qui habitait quelques rues plus loin dans un quartier pittoresque. Le matin après notre tour, il se débrouillait pour finir la balade devant sa porte au moment où elle sortait. Bisous.
En dehors de sa chérie il snobait le monde canin et ne mit pas longtemps pour qu'on sache qu'il était là. Sans un cri, sans une morsure, ou peu de cas.
Le maître de sa chérie était un corse et il appréciait bien les manière de l'akita. C'est bizarre je trouvais le chien un peu macho. Un jour, c'était sur les marches d'un endroit connu, il croise une grande chienne à qui il dit bonjour. Elle lui répond en le chiquant. Il recule et revient lui dire bonjour. Elle le chique. D'un coup il l'attrappe et la couche par terre en serrant. Elle hurlait comme un cochon qu'on égorge. Les cris se réparcutaient sur les façades des maisons. Le maître, un grand type, attrappe les deux chiens et les lance en l'air. Mécontent notre akita. Quoi quelles manières, c'est de famille !
Je raconte ça au maître de sa copine chérie et il me dit "eh bien quoi il n'allait pas se laisser embêter par une nana". Histoire de mecs quoi !
C'était un meneur expérimenté. Il n'oubliait jamais les chemins qu'il empruntait et pouvait traverser Paris et retrouver le même chemin un mois plus tard sans se tromper.
Il avait confiance moi aussi j'avais confiance. Ce sont des choses dfficiles à dire on faisait équipe il y allait franco. L'inverse devait être vrai. Un jour j'ai dû le mettre au chenil parce que j'avais des examens à passer. Il faisait froid. Il dormait dehors et n 'avait pas les bonne croquettes pour supporter le froid. J'ai commencé à rêver que je l'avais perdu. Je le cherchais il avait disparu. Au bout de deux nuits avec ce rêve j'appelle. On me dit ça va mais il hurle la nuit. Je prends le train. Il avait maigri. On a acheté de la viande hachée je m'en souviens encore et des croquettes adaptées. Je suis restée avec lui deux jours et je suis repartie sans crainte. J'ai passé mon examen. Il est rentré impeccable. Comme si de rien n'était.
Je pourrais vous en raconter encore et encore mais je vais faire exploser le post.
Bon courage Elodie.